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« Leadership et légitimité démocratique », UNE REVOLUTION SILENCIEUSE DANS LES HAUTEURS DU CAC 40 ?

15/10/2016

Politique de la très grande entreprise, Leadership et légitimité démocratique est le titre de l'ouvrage publié par Olivier Basso début 2015 aux PUF. L'ouvrage est passionnant excellemment documenté et argumenté mais, me disais-je: «je ne suis pas sûre que les propositions de son auteur soient audibles par les temps qui courent». Je viens, en deux semaines, d'avoir la preuve du contraire.


Politique de la très grande entreprise, Leadership et légitimité démocratique est le titre de l’ouvrage publié par Olivier Basso début 2015 aux PUF.
L’ouvrage est passionnant excellemment documenté et argumenté mais, me disais-je: «je ne suis pas sûre que les propositions de son auteur soient audibles par les temps qui courent». Je viens, en deux semaines, d’avoir la preuve du contraire.

Je compte en effet deux amies dans une très grande entreprise française du CAC 40, que je fréquente depuis une quinzaine d’années.
L’une est responsable du développement des cadres dirigeants de l’ensemble du groupe, membres de comex et patrons de pays, et l’autre est DRH d’une fonction. Toutes deux ont l’expérience et le recul suffisant pour ne pas s’en laisser conter facilement. Nous devisons autour d’un thé pour la première et d’un déjeuner pour la seconde. Elles me font part des changements en cours dans leur entreprise: le digital bien entendu, le commercial évidemment, mais aussi le management.

A les écouter, la convergence de leurs propos m’a sidérée. Quelque chose ne tourne plus rond du côté du management érigé au détour des années 80, fondé sur le culte de la performance individuelle à n’importe quel prix. Certains, y compris parmi les dirigeants, y ont laissé leur santé et parfois même leur vie.

Pour cette raison, sceptique, j’ai attendu avant de me réjouir quand sont apparus les mots «collaboration», «coopération», «transversalité» ou encore «empowerment», parmi d’autres…

Visiblement, certains dirigeants du CAC 40 réalisent qu’il convient de ne pas prendre les choses à la légère, que, devenues de puissantes institutions, leurs entreprises sont aussi plus perméables aux évolutions des sociétés dans lesquelles elles recrutent leurs collaborateurs et vendent leurs produits et services.

L’une de ces amies m’a aimablement montré les nouvelles attentes formulées à l’égard des managers et 4 mots m’ont frappée: EQUIPE, COOPERATION, ENSEMBLE, CONFIANCE. L’autre m’a fait part des démarches qu’elle met en place au quotidien pour créer les conditions d’une telle révolution.Je n’en croyais pas mes yeux!

Quelques jours plus tard, je tombe sur un article des «Echos» (Cf. édition du 12 octobre), intitulé: «Theresa May veut changer le capitalisme anglo-saxon». Qu’est-ce que j’apprends? Dans le pays qui, jusqu’à hier, faisaient rêver tous les traders de la terre, Theresa May propose:
- Que les conseils d’administration accueillent des salariés et des clients,
- Que la rémunération des dirigeants soit approuvée par les actionnaires tous les 3 ans,
- Que les objectifs à atteindre par les dirigeants pour percevoir leur bonus soient publiés,
- Que la publication de l’écart entre les plus hauts et les plus bas salaires de chaque entreprise soient publiés.

Il ne s’agit pour l’heure que de propositions bien sûr. Mais, de quoi semer le rififi dans le Landernau!

Imaginons un instant des entreprises gagnées par les exigences de la démocratie au plus haut niveau, en lieu et place de «l’entre-soi» et du "je te tiens par la barbichette".
Imaginons des entreprises où les managers travaillent en équipe, invitent leurs collaborateurs à coopérer ensemble et assurent les conditions de la confiance… il y aurait là tous les ingrédients d’une révolution silencieuse.

Catherine Blondel